16 avril 2023

James Ehnes

Violon

James Ehnes © Benjamin Ealovega

Biographie

Né en 1976 à Brandon (Manitoba), le violoniste canadien James Ehnes fait ses débuts professionnels à l’âge de 13 ans avec l’Orchestre symphonique de Montréal. Issu d’une famille œuvrant dans la musique et les arts de la scène, il est diplômé de la Juilliard School of Music en 1997. Musicien doté d’un extraordinaire leadership, il crée en 2010 son propre quatuor à cordes, le Ehnes Quartet, avec lequel il se produit au Wigmore Hall, à l’Auditorium du Louvre à Paris et au Théâtre du Jeu de Paume à Aix. Il est actuellement directeur artistique de la Seattle Music Chamber Society. Comme soliste, Ehnes est l’invité de prédilection de nombreux chefs de renom tels que Sir Andrew Davis, Ivan Fischer et Paavo Järvi, pour n’en nommer que quelques-uns. En musique de chambre, il s’est produit aux côtés d’artistes tels que les violoncellistes Yo-Yo Ma et Gautier Capuçon et le pianiste Leif Ove Andsnes, entre autres. En 2019, Ehnes remporte un prix Grammy grâce à son enregistrement du Concerto pour violon du compositeur américain Aaron Jay Kernis avec la Seattle Symphony, dirigée par Ludovic Morlot. James Ehnes joue sur un Stradivarius, « l’Ex Marsick », de 1715, prêté par la Fulton Collection. Ses accomplissements musicaux notables lui ont permis de devenir en 2007 membre élu de la Société royale du Canada, puis membre de l’Ordre du Canada en 2010. 8e concert au LMMC.

https://www.jamesehnes.com/

Notes

Les œuvres présentées lors de ce concert s’intègrent à l’ensemble des six Sonates et partitas pour violon solo de Johann Sebastian Bach (BWV 1001-1006), réputées pour la rigoureuse maîtrise technique qu’elles requièrent de même que leur magistrale expressivité. Écrites en 1720 durant le séjour du compositeur à Cöthen, elles n’ont été publiées que bien plus tard, en 1802, sans faire beaucoup de bruit. Pourtant, il s’agit, encore aujourd’hui, de pièces maîtresses du répertoire violonistique. Les Sonates, construites selon la forme en quatre mouvements de la sonata da chiesa, se distinguent notamment par leur deuxième mouvement fugué, dont on saisit aisément la portée virtuose dans la mesure où l’interprète doit être en mesure de reproduire au violon les textures contrapuntiques propres aux instruments à clavier. Les Partitas revisitent quant à elles la séquence typique des mouvements de danse baroque (Allemande, Sarabande, Courante et Gigue).

Le premier mouvement Grave de la Sonate no 2 en la mineur, BWV 1003, présente un caractère improvisé, et son apparence de liberté rythmique contraste avec la mélodie structurée et continue de la fugue Andante du deuxième mouvement. Entamée par la combinaison d’une mélodie et d’une voix de basse, la fugue prend sa pleine expression harmonique par l’ajout ponctuel d’une troisième et d’une quatrième voix. La pièce se conclut sur un mouvement perpétuel Allegro dont l’écoulement mélodique vient rompre la texture en accords du mouvement précédent.

La fugue de la Sonate no 3 en do majeur, BWV 1005, qui succède à l’Adagio du premier mouvement, tire son thème de l’antienne de la Pentecôte « Veni Sancte Spiritus », qui a également inspiré à Bach son choral « Komm, heiliger Geist, Herre Gott ». Fugue imposante de 354 mesures d’une impressionnante densité texturale, elle s’apaise dans le Largo en fa majeur du troisième mouvement, d’une émouvante douceur.

La Partita no 3 en mi majeur, BWV 1006, est notamment réputée pour son Prélude, dont la succession ininterrompue de doubles croches demande une incontestable dextérité d’archet. Ce prélude a par ailleurs fait l’objet de transcriptions par Bach lui-même dans deux autres de ses œuvres, soit les cantates Herr Gott, Beherrscher aller Dinge, BWV120a, et Wir danken dir, Gott, wir danken dir, BWV 29. L’œuvre dans son entièreté s’inscrit par ailleurs dans une tradition de retranscriptions et de transmission. Près de 200 ans après sa composition, en 1933, la Partita no 3 fait l’objet d’une transcription pour piano de Rachmaninov, et en 1977, le troisième mouvement « Gavotte en Rondeau » est intégré au Voyager Golden Record, une compilation d’enregistrements sonores envoyés en orbite dans la navette Voyager.

Catherine Harrison-Boisvert

Programme

BACH      Sonate no 2 en la mineur, BWV 1003
(1685 – 1750)

BACH      Sonate no 3 en do majeur, BWV 1005
(1685 – 1750)

BACH      Partita no 3 en mi majeur, BWV 1006
(1685 – 1750)

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