25 octobre 2026
Lucas Debargue
Piano
Lucas Debargue © Xiomara BenderBiographie
Lauréat du Prix de la critique au 15e Concours international Tchaïkovski à Moscou en 2015, Lucas Debargue a été l’élève de Rena Cheretchevskayïa à l’école normale de musique de Paris, une professeure qui lui a permis d’envisager une carrière de concertiste. Depuis, il s’est produit à la Philharmonie et au Théâtre des Champs-Élysées à Paris, au Wigmore Hall à Londres, au Concertgebouw d’Amsterdam, au Victoria Hall à Genève, au Konzerthaus de Vienne et de Berlin, ainsi qu’au Prinzregententheater de Munich, en plus d’avoir été plusieurs fois à l’affiche du festival de Verbier.
Réputé pour ses interprétations originales, Debargue revisite les classiques du répertoire pour piano tout en aimant faire découvrir à son public des œuvres méconnues, telles que les pièces de Szymanowski, de Medtner et de Magin. Fin connaisseur de l’histoire musicale, l’artiste s’adonne également à la composition. Il est aujourd’hui l’auteur d’une vingtaine de pièces pour piano seul et pour ensembles de musique de chambre. Chez Sony Classical, il a fait paraître pas moins de cinq albums, dont Messiaen : Quatuor pour la fin du Temps (2017) et Scarlatti : 52 sonatas (2019). Récemment, il a endisqué l’intégrale des pièces pour piano seul de Fauré. Débuts au LMMC.
https://www.lucasdebargue.com/
Notes
Tout en restant fidèle au langage harmonique du XIXe siècle, qui est aussi le siècle des grands virtuoses, la Sonate pour piano no 2 de Rachmaninov démontre une ouverture aux courants modernes de son époque. Dès le premier mouvement, on sent chez ce compositeur une aspiration à se muer en peintre musical. Il traite les motifs et les contours mélodiques de la partition comme s’il s’agissait de couleurs aux teintes changeantes. On y trouve notamment des arpèges furtifs qui rappellent le déplacement d’ondes aquatiques. Rachmaninov offre également toute une élasticité rythmique, ce qui ancre un peu plus son œuvre dans la modernité.
Le programme de ce concert présente, en guise de pièce de résistance, la dernière d’une série de 12 études de Debargue lui-même, composées d’après des chansons originales de George Gershwin. Cette étude, qui est aussi la plus longue du corpus, consiste en 20 variations sur le thème de « Summertime », extraite de l’opéra Porgy and Bess. « Bien des artistes se sont construit une réputation “d’anticonformistes” dans leur maturité, après des années d’apprentissage tout à fait conventionnel. J’avoue avoir un faible pour ceux qui n’ont pas attendu d’être mûrs pour être “hors des clous” : Gershwin est de ceux-là. », estime le pianiste dans les notes discographiques de son nouvel album consacré au compositeur (Sony Classical).
Ayant lui-même joué dans des pianos-bars durant ses premières années parisiennes et plus tard au cabaret du Chat Noir, Debargue développa tout un répertoire parallèle à sa formation de musicien classique. On ne s’étonnera donc pas de trouver un large spectre d’inspirations pour l’écriture de ces variations, incluant aussi bien Chopin, Poulenc, Fauré et Prokoviev qu’un rythme de tango, de bossa nova et de tarantelle.
Tableaux d’une exposition de Moussorgski raconte, comme son nom l’indique, un parcours musical au gré de différentes toiles soigneusement sélectionnées par le compositeur. Ces toiles sont celles du peintre Viktor Hartmann, mort en 1873 et à qui un hommage est rendu lors d’une exposition organisée par Vladimir Stassov à Saint-Pétersbourg. À la fois ému et inspiré par l’événement, Moussorgski écrit à ce dernier : « les sons et les idées planent dans l’air, je les gobe et je m’en goinfre, et c’est à peine si j’ai le temps de les griffonner sur le papier. Les transitions sont en forme de promenade [...] On aperçoit ma physionomie dans les interludes. »
Chaque tableau semble, en effet, transformer un peu plus l’état d’esprit du promeneur, passant d’un portrait difforme à celui d’un vieux château, puis à la représentation du jardin des Tuileries à Paris, théâtre de la Révolution française. D’autres voyages en peinture le mènent notamment dans la campagne polonaise, puis de retour en France. C’est enfin sous la grande porte de Kiev que le compositeur achève ses pérégrinations, plein d’émoi devant l'œuvre de son défunt ami.
Justin Bernard
Programme
RACHMANINOV Sonate pour piano no 2
(1873-1943) en si bémol mineur, op. 36 (1913)
DEBARGUE 20 variations et finale
(1990- ) en si majeur sur Summertime
MOUSSORGSKI Tableaux d’une exposition (1874)
(1839-1881)
Arts Primavera
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Téléchargements
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Prochain Concert
Quatuor Hanson, cordes
et Lise Berthaud, alto
15 novembre 2026 à 15 h 30