12 avril 2026

McGill - Chien - Elliott Trio

Clarinette, piano et violoncelle

Biographie

Le clarinettiste Anthony McGill est clarinette solo de l'Orchestre philharmonique de New York, le premier joueur solo afro-américain de l'histoire de l'organisation. Il a reçu en 2020 le prix Avery Fisher et a été désigné comme l'instrumentiste de l'année 2024 par Musical America.

Il s'est produit aux côtés d'Itzhak Perlman, de Yo-Yo Ma et de Gabriela Montero lors de l'investiture du président Barack Obama. Il a collaboré avec les quatuors Miró, Pacifica, Shanghai et Takács, et se produit avec des artistes de premier plan tels que Gloria Chien, Yefim Bronfman, Mitsuko Uchida et Lang Lang. 2e concert au LMMC.

Née à Taïwan, la pianiste Gloria Chien a une vie musicale des plus diversifiées en tant qu'interprète, présentatrice de concerts et éducatrice. En 2009, elle a lancé String Theory, une série de concerts de musique de chambre à Chattanooga, dans le Tennessee, qui est devenue l'un des principaux diffuseurs de musique classique de la région. Plus récemment, Gloria a sorti deux albums, dont Here With You avec Anthony McGill sur Cedille Records. Débuts au LMMC.

Né dans une famille de musiciens, incluant un frère et une sœur violonistes, Sterling Elliott s’est déjà produit avec les orchestres de Philadelphie, New York, Boston et Los Angeles, en plus d'avoir joué au Wigmore Hall, à l'Elbphilharmonie de Hambourg, au Konzerthaus de Berlin, au Concertgebouw d'Amsterdam. Il joue sur un violoncelle Gennaro Gagliano de 1741, prêté par le Robert F. Smith Fine String Patron Program, en partenariat avec la Sphinx Organization. Débuts au LMMC.

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https://www.gloriachien.com/

https://sterlingelliott.com/

Notes

Depuis le retentissement de ses œuvres orchestrales et de son opéra Pelléas et Mélisande, après 1902, Debussy est passé maître dans l’agencement des couleurs et des motifs d’inspiration aquatique en recourant à un langage harmonique inédit. Lauréat du prestigieux prix de Rome, qui lui donne dès lors une stature institutionnelle, il est appelé à siéger sur des jurys de sélection, comme celui des concours d’instruments à vent au Conservatoire de Paris. C’est dans ce cadre qu’il écrit deux pièces pour clarinette, dont la Première rhapsodie. Autrefois servant simplement à évaluer des candidats, celle-ci est devenue aujourd'hui un brillant exemple de son style avant-gardiste, appliqué par petites touches sonores.   

André Messager, que l’on connaît d’abord comme un compositeur d’opérettes, a lui aussi écrit plusieurs Morceaux de concours parmi lesquels un « solo » pour clarinette, accompagné au piano. Il s’agit bien d’une pièce imposée au concours d’entrée au Conservatoire de Paris qui, au XIXe siècle, fit l’envie de toutes les capitales culturelles européennes. La fonction très précise de ce Solo de concours au tournant du siècle suivant explique le très haut degré de virtuosité demandé au clarinettiste.

Le Trio pour clarinette, violoncelle et piano, op. 11, est une œuvre de jeunesse de Beethoven encore très imprégnée de l’écriture mozartienne. Le premier mouvement commence sur un ton léger, développe des phrases musicales aux proportions raisonnées dans la lignée de l’école classique viennoise, mais prend néanmoins une tournure orageuse, impétueuse, que l’on associe davantage au compositeur allemand. Dans le deuxième mouvement, la clarinette répond à la ligne expressive du violoncelle de manière tout aussi chantante, avant que le piano ne vienne clore la conversation; les échanges entre les trois instruments se poursuivent avec le même procédé. Parlant de chant, Beethoven choisit de puiser la source du prochain thème et variations dans le répertoire lyrique – équivalent de la chanson populaire aujourd’hui. Le jeune compositeur semble ici profiter de la vague de popularité qui s’empare à l’époque de « Pria ch'io l'impegno », extrait de l’opéra L'amor marinaro ossia Il corsaro de Weigl, pour faire parler de lui. Le choix de la forme musicale, censé démontrer le talent d’improvisateur de son auteur, donne déjà la mesure de l’ambition de Beethoven.  

Composé près d’un siècle plus tard, le Trio pour clarinette en la mineur de Brahms illustre un style immédiatement reconnaissable comme étant de lui. Le compositeur fait interagir les instruments de manière très imbriquée, l’un répondant à l’autre par un effet d’écho, alternant entre premier et second rôle en fonction du caractère de chaque section et partageant des motifs communs qui donnent à l'œuvre son homogénéité. À l’instar du deuxième mouvement, ce trio témoigne aussi d’un sens dramatique aigu, ménageant des moments tantôt vifs, animés, tantôt plus intimes avec toujours ce goût pour des lignes étirées et foisonnantes. Le troisième mouvement rapproche chacun des instruments dans un moment presque sensuel tandis que le finale ajoute un souffle dramatique, incluant quelques passages de rêveries.

 

Justin Bernard

Anthony McGill © David Finlayson
Gloria Chien © Pilvax
Sterling Elliott © Titilayo Ayangade

Programme

DEBUSSY           Première Rhapsodie (1910)
(1862-1918)

MESSAGER        Solo de concours (1899)
(1853-1929)

BEETHOVEN      Trio en si bémol majeur,
(1770-1827)             op. 11 (1797)

BRAHMS             Trio pour clarinette en la mineur,
(1833-1897)             op. 114 (1891)

                            MKI Artists

                Colbert Artists Management Inc.