8 février 2026

Dover Quartet

Cordes

Dover Quartet © Roy Cox

Biographie

Joel Link  -  violon
Brian Lee  -  violon
Julianne Lee  -  alto
Camden Shaw  -  violoncelle

Considéré comme l'un des plus grands quatuors à cordes des cent dernières années par le BBC Music Magazine et comme « le prochain quatuor Guarneri » par le Chicago Tribune, le Dover Quartet a d’abord été formé par d’anciens élèves du Curtis Institute of Music en 2008. Il reste à ce jour un ensemble en résidence dans cette prestigieuse institution. Ses membres ont également étudié à l’école de musique de l’Université Rice, au Conservatoire de la Nouvelle-Angleterre et au Conservatoire supérieur de musique et de danse de Paris. Le nom donné au quatuor rend hommage à Dover Beach de Samuel Barber, un autre ancien élève de Curtis.

Au cours de sa saison 2024-2025, l’ensemble a créé de nouvelles œuvres à travers toute l’Amérique du Nord et collaboré avec des artistes de premier plan tels que les pianistes Michelle Cann, Marc-André Hamelin et Haochen Zhang.

L'enregistrement en trois volumes du Dover Quartet, Beethoven Complete String Quartets (Cedille Records) vient compléter une riche discographie qui comprend également un enregistrement entièrement consacré à Mozart, sous le même label, et un album de quatuors de Schumann (Azica Records), qui a été nominé pour le GRAMMY de la meilleure interprétation de musique de chambre/petit ensemble. Un enregistrement du Quatuor à cordes en fa majeur, op. 96, de Dvořák a été publié en 2025 sur l’étiquette Curtis Studio, du Curtis Institute of Music. Débuts au LMMC.

https://www.doverquartet.com/

Notes

On dit de Haydn qu’il est le père du quatuor à cordes, un genre qui ne cessera de croître au XIXe siècle parallèlement au goût pour la musique de salon. Porté par cette réputation, l’opus 20 se répand dans toute l’Europe à peine deux ans après que le compositeur ait achevé la commande pour son mécène et ami, le haut dignitaire hongrois Nikolaus Zmeskall.

Si cette suite de six quatuors capte l’air du temps, c’est aussi parce qu’elle s’inscrit dans le mouvement artistique du Sturm und Drang, porté par Goethe et qui s’oppose au rationalisme à la française. Son influence se fait ressentir d’emblée dans le premier mouvement du Quatuor en ré majeur, no 4, par ses nombreuses ruptures de caractère et ses silences imprévisibles. L’adagio prend la forme d’un thème et variations caractérisés par des dissonances douloureuses et un souffle dramatique. Le menuet suivant, « à la tzigane », donne à entendre des traits de cordes très atypiques et un rythme, certes écrit en trois temps, mais qui semble tout à fait irrégulier. Le presto final réserve encore d’autres surprises et des éléments d’inspiration tziganes, avant de s'éteindre dans le calme.

Le Quatuor no 11 en mi majeur de Schubert appartient à un groupe de 4 œuvres du même genre rattachées à la période de jeunesse du compositeur, si l’on peut parler ainsi d’un musicien décédé à l’âge de 31 ans. L’influence de Mozart se fait encore sentir chez ce jeune homme qui, à cette époque, est encore l’élève d’Antonio Salieri. Composé en 1816, le quatuor D. 353 marque certes un net progrès sur le chemin de l’émancipation stylistique comparé à beaucoup de ses œuvres antérieures, mais la pulsation et la forme soignée dont Schubert fait preuve, notamment dans le premier mouvement, s’inscrit incontestablement dans le style classique. On retrouve aussi cet art de la conversation entre les instruments, cher à Mozart. L’Andante ose, quant à lui, de grandes étendues mélodiques qui témoignent d’une prédisposition pour la vocalité. Si le menuet et le rondo final font écho à la musique des maîtres classiques, on devine aussi des accents romantiques, comme en atteste la polarité des nuances.

Avec le Quatuor en fa mineur de Mendelssohn, on entre à pieds joints dans le romantisme musical. Les traits mordants de chacune des portées, qui ouvrent le premier mouvement, suggèrent un drame poignant mis en musique. De fait, ce quatuor est la dernière œuvre achevée par le compositeur, quelques mois avant sa mort. Comme son surnom l’indique, il s'agit d'un hommage à sa sœur décédée un peu plus tôt cette même année noire de 1847. Si le deuxième mouvement développe un thème aux notes liées, tout aussi agité, c’est véritablement à l’adagio suivant que Mendelssohn adresse à sa sœur une chanson d’amour fraternel, rappelant le style des romances sans paroles grâce auxquelles il s’était fait connaître. L’opus 80 finit comme il avait commencé, par des traits frénétiques pleins de dramaturgie.

 

Justin Bernard

Programme

HAYDN                    Quatuor en ré majeur,
(1732-1809)                   op. 20, no 4 (1772)

SCHUBERT             Quatuor no 11 en mi majeur,
(1797-1828)                   D. 353 (1816)

MENDELSSOHN     Quatuor no 6 en fa mineur,
(1809-1847)                   op. 80 (1847)

                       Curtis Artist Management            


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