1er mars 2026

Steven Osborne

Piano

Steven Osborne © Ben Ealovega

Biographie

Originaire d’Écosse, Steven Osborne a étudié auprès de Richard Beauchamp à la St Mary's Music School d’Édimbourg et avec Renna Kellaway au Royal Northern College of Music de Manchester. Il est un pianiste aujourd’hui réputé pour la profondeur de sa musicalité dans un répertoire varié qui va de Beethoven à Messiaen, de Schubert à Ravel, en passant par Prokofiev et des improvisations jazz. De fait, M. Osborne s’est attiré de nombreuses distinctions, incluant le prix de l’instrumentiste de l'année décerné par la Royal Philharmonic Society. Il a été artiste en résidence au prestigieux Wigmore Hall de Londres, au deSingel d'Anvers, au Bath International Music Festival, à l'Orchestre symphonique d'Anvers, à l'Orchestre symphonique de la ville de Birmingham et à l'Orchestre national royal d'Écosse. Il s'est produit dans des salles renommées telles que le Wiener Konzerthaus, le Concertgebouw d'Amsterdam, la Philharmonie de Berlin, l'Elbphilharmonie de Hambourg, le Suntory Hall de Tokyo, le Kennedy Center de Washington et le Lincoln Center de New York.

En outre, M. Osborne a à son actif pas moins de 32 enregistrements parus chez Hyperion dont plusieurs ont été primés. Par ailleurs, il est professeur invité à la Royal Academy of Music et au Royal Conservatoire of Scotland et mécène du Lammermuir Festival, en banlieue d’Édimbourg. À noter enfin sa nomination au rang d’Officier de l’Ordre de l’Empire britannique (OBE) pour services rendus à la musique lors du Nouvel An de la Reine en 2022. 1er récital solo au LMMC.

https://www.stevenosborne.com/

Notes

La Sonate pour piano no 21 en si bémol majeur, D. 960, de Schubert est l’ultime œuvre de ce genre pour celui qui mourra deux mois plus tard. Achevée le 26 septembre 1828, elle est pleine de paradoxes, tantôt pleine de vie, charmante comme le sont les mélodies du compositeur, tantôt indescriptiblement sombre et tragique. Le premier mouvement nous fait vivre de grands transports d’émotions et une dramaturgie saisissante, à commencer par des trémolos soudains dans le grave qui viennent perturber la douceur du thème principal. Dans un style propre à lui, Schubert parvient à faire dévier la tonalité à 180 degrés, comme si une averse s’abattait momentanément sur un paysage chatoyant. Il joue aussi beaucoup sur l’effet de surprise et la disparité des nuances pour offrir un large spectre expressif. Plus tard, le thème principal est simplement esquissé, comme une réminiscence lointaine, avant d’être réaffirmé à la fin de ce molto moderato.

Le mouvement suivant est d’une grande intériorité, alternant entre la douleur d’une marche funèbre et la mélancolie. On remarque la répétition systématique de notes tenues, aussi bien dans le grave que dans l’extrême aigu, qui contribue grandement à l'ampleur émotionnelle de cet andante sostenuto. Après un scherzo à la Schubert, c’est-à-dire teintée malgré tout d’un fond de tristesse, la sonate s’achève sur un allegro virtuose qui semble réunir le meilleur des mouvements précédents : la joie du troisième, les notes obsédantes du deuxième, et les grands écarts acoustiques du premier.

Les Variations Diabelli, op. 120, de Beethoven, constituent l’un des exemples les plus emblématiques de cette forme musicale de référence. Totalisant près de 60 minutes de musique, ces variations sont un concentré du pouvoir créateur et du style caractéristique de Beethoven. En 1819, l’éditeur Anton Diabelli, lui-même versé dans l’art de la composition, avait lancé un appel à des musiciens illustres à travers l’empire austro-hongrois pour qu’ils soumettent chacun une variation d’après un thème de son cru, contre rémunération. Navré par la piètre qualité de cette valse, mais certainement enthousiasmé par le projet d’un ouvrage collectif dont les bénéfices seraient reversés aux veuves et aux orphelins des guerres napoléoniennes, Beethoven accepte la proposition. Résultat : non pas une, mais 33 variations, qui abandonnent rapidement toute ressemblance avec le matériau d’origine, comme pour mieux affirmer la supériorité de celui qui les a écrites. La première se démarque aussitôt par son caractère très marqué et son rythme à 4 temps, qui rompt déjà avec l’allure d’une valse. La troisième, bien que mélodique, n’a en commun avec le thème que l’idée d’une ascension vers des sommets de plus en plus hauts. L’avant-dernière variation offre une ambitieuse fugue à trois sujets, composée exceptionnellement dans une tonalité éloignée du do majeur habituel. Beethoven n’emprunte à Diabelli que l’intervalle descendant d’une quarte et la répétition d’une note saccadée comme seuls éléments mélodiques, avant de conclure avec une ultime variation paisible, à la manière dont Bach avait achevé ses tout aussi, sinon plus célèbres Variations Goldberg.

 

Justin Bernard

Programme

SCHUBERT       Sonate pour piano no 21
(1797-1828)           en si bémol majeur, D. 960 (1828)

BEETHOVEN     Variations sur une valse
(1770-1827)           d’Anton Diabelli, op. 120 (1823)

              Maestro Arts