13 septembre 2026

Hermitage Piano Trio

Hermitage Piano Trio © Lisa-Marie Mazzucco

Biographie

Misha Keylin  -  violon
Sergey Antonov  -  violoncelle
Ilya Kazantsev  -  piano

Fondé en 2011, le trio avec piano Hermitage s'est depuis mérité de nombreuses nominations aux GRAMMY Awards, faisant de cet ensemble de musique de chambre l’un des plus recherchés au monde. Son répertoire couvre u n large de spectre musical, de la grande tradition européenne jusqu’aux XXe et XXIe siècles, avec notamment des œuvres de compositeurs américains.

L’Hermitage s’est produit dans le cadre de festivals et de séries de concerts aux États-Unis, au Canada, au Mexique ou encore en Corée du Sud. La signature de son contrat d'enregistrement avec Reference Recordings a été marquée par la sortie de son premier album consacré à Rachmaninov, incluant les deux trios ainsi que la célèbre Vocalise du compositeur, tandis que sa deuxième parution, Impressions espagnoles, explorait le riche et diversifié patrimoine musical d'Arbós, Turina, Cassadó et Perelló.

Originaires de Russie, les trois musiciens ont également fait parler d’eux à titre de solistes. Le violoniste Misha Keylin a fait paraître chez Naxos l’intégrale des concertos d’Henri Vieuxtemps. Élève de Rostropovitch, le violoncelliste Sergey Antonov est devenu l'un des plus jeunes violoncellistes à avoir remporté la médaille d'or au Concours international Tchaïkovski. Le pianiste Ilya Kazantsev, quant à lui, a joué aux côtés d’orchestres en Russie, en Europe et en Amérique du Nord. 2e engagement au LMMC.

https://hermitagepianotrio.com/

Notes

Lorsqu’elle découvre le Trio pour piano et cordes, op. 110, de son mari, Clara Schumann aura cette formule : « C’est original, et de plus en plus passionné, surtout le scherzo, qui nous entraîne dans les tréfonds les plus fous ». Dès les premières mesures, on est en effet frappé par le climat de tempête qui semble peser sur la partition.

Nous sommes en 1851, cinq ans avant la mort de Robert Schumann. Arrivé à sa maturité stylistique, le compositeur affirme son goût pour une musique de chambre hautement dramatique, qui commence ici par un dialogue fourni entre les deux instruments à cordes. L’apparition d’un thème joué en pizzicato au violoncelle constitue une péripétie immanquable dans ce récit musical passionné où transpire l’influence de Bach.

Le mouvement lent, très ample dans son expression, suggère un sentiment amoureux en même temps qu’une brève accalmie. Le scherzo est effectivement fou, schizophrénique, par ses changements de tempo inattendus. Le finale renoue avec l’art de la conversation intriquée du mouvement initial, avec une collection de motifs et une direction similaires.

Le Trio en do mineur de Suk a été composé lorsque celui-ci étudiait au conservatoire de Prague. Violoniste encore adolescent, il participait à des soirées musicales chez le docteur Hersch, musicien amateur, en compagnie de sa fille pianiste et proposa sa nouvelle composition dans ce cadre privé. Louée par le professeur de Suk, Karel Stecker, l’œuvre sera révisée et exécutée publiquement lors d’un concert célébrant l’arrivée de Dvořák au sein de l’institution. En 1891, après être passé du violon à la composition, Suk recueille les dernières suggestions du maître et complète la version finale de son second opus.

L’allegro oscille entre des motifs aux notes très rapprochées, qui font penser à une succession de pas, et de larges intervalles qui contribuent grandement au caractère romantique de cette ouverture. L’andante suivant exploite à profusion un rythme pointé caractéristique d’une habanera, danse réputée pour son charme envoûtant, tandis que le dernier mouvement est un scherzo saccadé, plein d’énergie extatique. 

Mendelssohn est surmené par ses activités de chef d’orchestre, au Gewandhaus de Leipzig et ailleurs en Europe, lorsqu’il décide de se retirer à Francfort et de se consacrer à l’écriture de son Trio no 2, tout en apportant la touche finale au Deuxième concerto pour violon et entreprenant l’ébauche de sa Sixième Symphonie, finalement inachevée.

La musique de ce trio est à l’image de sa vie, consumante comme le feu. Dans le premier mouvement, le piano s’affirme comme l’instrument maître, illustrant les gerbes de flammes avec une remarquable virtuosité. C’est encore le piano qui introduit longuement l’andante espressivo et continue de l’enrichir par la densité de sa partition. Le troisième mouvement renferme toute la frénésie que l’on attend d’un scherzo. En conclusion, le finale est mû par une vive projection vers l’avant, tempérée seulement par l’emprunt d’un choral issu de la tradition luthérienne et dont la signification équivaut à une prémonition de mort, troublante quand on sait que le compositeur s'éteindra deux ans plus tard.

Justin Bernard

Programme

SCHUMANN           Trio pour piano et cordes no 3
(1810-1856)             en sol mineur, op. 110 (1851)

SUK                        Trio pour piano et cordes
(1874-1935)             en do mineur, op. 2 (1891)

MENDELSSOHN     Trio pour piano et cordes
(1809-1847)             no 2 en do mineur, op. 66 (1845)

             
                 EFP Performing Arts